e cigarette mauvais gout

Ophis, le nom de la marque, signifie « serpent » en grec.Son logo : un œil de reptile.Le produit, une cigarette électronique de luxe venue des États-Unis pour conquérir le marché français.À la mi-novembre, pour le lancement de sa commercialisation en France, le communiqué de presse d’Ophis décrivait une cigarette électronique « en cuir véritable façon serpent » dont l’élégance « a déjà conquis la côte ouest des États-Unis ».Toujours selon le communiqué, les stars Katy Perry et Paris Hilton s’arrachent déjà cet accessoire tendance « présenté en défilé à la Fashion Week de Los Angeles en septembre 2014 ».Une success story dont Actualité juive s’était l’écho dès le mois de mars dernier.Expliquant que ses concepteurs, Rudy Halioua et Ben Guez, s’étaient connus à la synagogue Baba Sale de Los Angeles et que Rudy Halioua avait été aidé dans son entreprise par sa mère Colette Kahn, vendeuse de bijoux à Beverly Hills, Actualité juive se réjouissait de la réussite des deux concepteurs de cette « première “vape” de luxe 100 % cachère »… Ni cachère, ni de luxe Le 17 novembre, Alexandre Tahar, le représentant à Paris d’Ophis, contacte Thomas Bonnard du site Breakingvape, un blog spécialisé dans l’e-cigarette, afin de lui faire assurer la promotion des produits Ophis à moindre frais.
Mais lors de son test, le bloggeur dénonce une « vraie arnaque » : d’abord, le revêtement cuir imitation peau de serpent de la cigarette électronique se décolle facilement.De plus, il semblerait que le cuir soit lui-même une imitation.Bref, le luxe laisse rapidement sa place au toc bling bling de mauvais goût.Quand au liquide « cachère », Guez et Halioua auraient utilisé un marketing religieux pour mieux duper leur propre communauté.En effet, ils se seraient contentés d’acheter des flacons de liquides d’une autre marque (Liquideo), avant de les recouvrir d’une étiquette de leur marque, sans même se donner la peine d’enlever l’originale.Or les produits Liquidéo ne sont en aucun cas cachères.Évidemment, les liquides sont ensuite revendus plus chers.Quant au prix de cette « vape de luxe 100% casher » : 89 euros !La Food and Drug Administration ("FDA", l'Agence américaine des produits alimentaires et médicamentaux) a lancé il y a quelques mois une consultation publique pour évaluer les risques de la cigarette mentholée.
Mais les additifs ajoutés au tabac - et pas seulement le menthol - sont depuis longtemps dans la ligne de mire des spécialistes de la santé.Dans son édition de juin 2012, Sciences et Avenir (n° 784) publiait une enquête sur ces substances chimiques qui augmentent la toxicité des cigarettes, comme le rappelle Carole Chatelain, la rédactrice en chef du mensuel, dans la vidéo Instagram ci-dessous.Nous vous proposons de retrouvez ci-dessous l'article initialement publié en juin 2012 RÉVÉLATIONS." L'industrie du tabac a – encore – menti !" Stanton Glantz, professeur de médecine à l'université de Californie (États-Unis) oscille entre lassitude et indignation.Connu pour avoir mis au jour plusieurs manœuvres des cigarettiers depuis les années 1990, ce chercheur du Center for Tobacco Control Research and Education de San Francisco a publié en 2012 avec trois collègues américains et suisse une nouvelle étude à charge dans la revue PLoS Medicine (1).Avec deux révélations chocs concernant les additifs, ces substances dont les industriels truffent le tabac depuis les années 1970 et qui constitueraient jusqu'à 10 % de son poids : ils augmentent nettement la toxicité de la fumée, déjà riche en substances délétères pour la santé.
Et ces risques sont connus depuis plus de dix ans par les industriels qui les ont masqués en produisant des recherches biaisées.Pour parvenir à ces conclusions, Stanton Glantz et sa collègue Marcia Wertz ont tout simplement disséqué les études publiées par deux grands fabricants américains, Philip Morris et British American Tobacco (BAT).e cigarette liberte de fumerIls ont aussi – et surtout – patiemment compulsé les innombrables documents confidentiels que ces groupes ont été contraints de rendre publics ces dernières années sur décision de justice.e cigarette saint jean de vedasEn effet, à la suite du retentissant procès de 47 États américains contre les industriels de la cigarette en 1998, des millions de documents ont été confiés à l'université de Californie de San Francisco qui, depuis, les met en ligne petit à petit.e zigarette koblenz
79 millions de pages ont déjà été numérisées !C'est ainsi que les chercheurs californiens ont découvert que Philip Morris avait racheté il y a trente ans un laboratoire situé à Cologne (Allemagne), Inbifo, qui a conduit, à la fin des années 1990, un programme de recherche dédié à la toxicité des saveurs ajoutées.e cigarette noyelle godaultLe projet MIX – c'est son nom – a étudié 333 additifs selon plusieurs combinaisons.e cigarette mouthpieceCes travaux ont donné lieu à de multiples rapports confidentiels internes mais aussi à la publication officielle en 2002 de quatre articles dans la revue Food and Chemical Toxicology.e cigarette northamptonTous concluaient qu'aucune preuve de toxicité importante attribuable aux additifs ne pouvait être établie.
Mais en y regardant de plus près, Stanton Glantz et Marcia Wertz ont établi que Philip Morris avait en fait noté de réelles différences dans ses analyses entre les cigarettes avec ou sans additifs et avait alors sciemment changé de protocole et de système de présentation des données pour " maquiller " les résultats.En refaisant les calculs et en mesurant eux-mêmes la quantité totale de toxiques produits par cigarette, Stanton Glantz et son équipe ont montré que les additifs induisent en réalité une augmentation de plus de 20 % de 15 produits cancérogènes ou cytotoxiques – c'est-à-dire altérant les cellules – comme l'arsenic, le cadmium, le plomb ou le formaldéhyde !" Leur ajout augmente le nombre de particules fines respirées, ce qui est délétère pour la santé puisque celles-ci favorisent les risques d'inflammations des voies respiratoires ", expliquent les chercheurs.Ce qui est particulièrement inquiétant si l'on songe que la plupart des additifs masquent opportunément l'irritation de la fumée, incitant le fumeur à inhaler plus profondément.
L'équipe de Stanton Glantz a également mis en évidence que les études de toxicologie animale présentées par les industriels sont faussement rassurantes." Les échantillons utilisés sont ridiculement faibles, déplore Marcia Wertz.Il est impossible d'en déduire le moindre changement statistique." Dès lors, comment expliquer que Food and Chemical Toxicology ait publié des travaux aussi peu scientifiques ?La réponse se trouvait dans la masse des documents internes compulsés.Les chercheurs ont découvert que l'éditeur de la revue n'était autre… qu'un conseiller scientifique de Philip Morris et que 11 membres de son comité éditorial avaient des liens financiers avec la firme.Dans un courriel interne de 2001, Edward Carmines, responsable du projet MIX, s'en explique sans détour : " Nous sommes allés vers un journal dont le rédacteur en chef nous connaissait.Les commentaires sont une baliverne technique ", écrit-il." Ces manipulations donnent juste envie de regarder les travaux de tous les autres industriels de plus près ", souligne Marcia Wertz qui ne croit pas que Philip Morris fasse figure d'exception.
Selon les chercheurs californiens, British American Tobacco a lui aussi minimisé, dans des études similaires, la toxicité de la fumée de ses cigarettes." Ce que montre le travail de Stanton Glantz, c'est que l'industrie n'a pas changé de méthode ", soutient l'historienne des sciences américaine Naomi Oreskes, auteure des Marchands de doute.Cette industrie n'a-t-elle pas déjà prétendu par le passé que la nicotine n'est pas une substance addictive, que le tabagisme passif n'est pas dangereux et que fumer ne provoque pas de cancers ?S'il fallait éliminer deux additifs en priorité, Stanton Glantz choisirait sans hésiter " le menthol et le sucre ".Le premier jouerait en effet un rôle dans la dépendance et l'addiction par un effet anesthésiant sur les voies aériennes." Il réduit l'âcreté et favorise l'inhalation plus profonde de la fumée ", explique ainsi Paul Wise, chercheur au Monell Chemical Senses Center de Philadelphie (Etats-Unis).Les fumeurs, à la recherche du subtil goût mentholé, ont tendance à aspirer plus fort, les particules et les éléments chimiques pénétrant plus profondément dans les poumons et favorisant l'apparition de cancers " distaux " – c'est-à-dire des petites bronches et des alvéoles – qui sont aussi les plus difficiles à traiter.
" De plus, le menthol favorise l'absorption de la nicotine au niveau de la bouche et du larynx par l'augmentation de la perméabilité des muqueuses et par la stimulation de la production de salive, et au niveau pulmonaire par un effet bronchodilatateur ", explique Semira Gonseth, spécialiste des additifs à l'université de Lausanne." Il produit aussi plus de particules fines dans la fumée, ce qui augmente le risque cardiaque ", renchérit Stacey Anderson, de l'université de Californie.Enfin, " le menthol agit en synergie avec le système nerveux central, poursuit Semira Gonseth, ce qui permet de diminuer le contenu en nicotine sans modifier le pouvoir “addictogène” du tabac." Pour cette raison, il a été ajouté en grandes quantités dans les cigarettes appelées anciennement " légères " qui nécessitent de mentionner des taux bas de nicotine sur le paquet.Les sucres, eux, déjà naturellement présents dans les feuilles, sont artificiellement ajoutés pour masquer l'âpreté du tabac et le mauvais goût de la fumée.
Ils ont pourtant le fâcheux inconvénient de produire des produits chimiques dits aldéhydes (formaldéhyde, acétaldéhyde…).Or, des études menées sur les rats dans les années 1980 montrent que l'acétaldéhyde et la nicotine agissent en synergie en potentialisant la dépendance à la nicotine.Par ailleurs, en 2009, une étude a montré que le sucre dégage des inhibiteurs de monoamine-oxydases, d'autres molécules " potentialisatrices ".Ce qui fait dire à Jean-Pol Tassin, qui étudie les mécanismes de l'addiction au Collège de France, que, sans sucre, la nicotine ne rendrait pas accro !Est-ce un hasard si les marques de cigarettes les plus sucrées, comme Marlboro, sont aussi les plus populaires ?Une enquête du magazine 60 Millions de consommateurs (2), menée avec le Comité national contre le tabagisme (CNCT), a montré que les industriels abusent de cet ingrédient qui constituerait 10 % de certains tabacs à rouler, 37 % de certains tabacs à narguilé.Dans ce domaine, " la réglementation française est insuffisante ", estime Emmanuelle Beguinot, directrice du CNCT.
Un décret de 2009 interdit bien l'ajout d'édulcorant, mais uniquement au papier entourant le filtre des cigarettes dites aromatisées.Elle limite l'arôme de vanille à 0,05 % de la masse du tabac sans réglementer les multiples autres parfums, en particulier la réglisse et le cacao dont les principes actifs dilatent pourtant les bronches.Le tabac ne doit être " ni un dessert ni une confiserie ", souligne Emmanuelle Beguinot, qui plaide pour l'établissement d'une liste limitant strictement le nombre d'ingrédients autorisés.Stanton Glantz appelle lui aussi à un durcissement de la loi : " Il suffirait de reprendre les données des industriels et de les interpréter correctement… Il y a là toutes les preuves pour que les autorités de régulation du monde entier, y compris la Food and Drug Administration américaine ou l'Efsa européenne, interdisent l'utilisation de centaines d'additifs ", argue-t-il.Ses révélations accéléreront-elles la mise en place de réglementions prévue par la Convention cadre pour la lutte antitabac de l'Organisation mondiale de la santé  – ratifiée par 174 pays, dont tous les États européens sauf la République tchèque et la Suisse ?
Les lignes en tout cas commencent à bouger.Les États-Unis ont ainsi commencé à bannir depuis 2009 certains arômes de vanille, chocolat, réglisse.Et dans un rapport de 2011, un comité de conseil de la FDA a réclamé le retrait du marché américain des cigarettes mentholées.En attendant, c'est du Brésil que vient le virage le plus spectaculaire.En mars 2012, l'Agence nationale de surveillance sanitaire a décidé le retrait de toutes les cigarettes et tabacs aromatisés du marché brésilien d'ici à deux ans.Elle a aussi interdit l'utilisation de certaines substances susceptibles de potentialiser l'action de la nicotine, tels la théobromine (dans le cacao), la gamma-valérolactone (qui donne un arôme d'herbe) et l'ammoniac… Ce dernier augmenterait l'absorption de la nicotine, qui est inhibée en milieu acide.Plus fort encore : les industriels ne pourront plus ajouter de sucre, sauf en petites quantités pour compenser la perte du sucre naturel lors du séchage de la plante.
Un coup de tonnerre qui a, bien sûr, fait vivement réagir les fabricants, paniqués à l'idée que le Brésil puisse faire école." Aucune réglementation ne devrait priver les fumeurs adultes de la possibilité d'acheter des produits qu'ils trouvent attrayants, s'insurge ainsi Iro Antonionou, porte-parole de Philip Morris International.La stratégie qui vise à amoindrir les saveurs ignore les études qui tendent à prouver que cette interdiction ne permettrait pas pour autant d'enrayer le tabagisme." Et les industriels d'avancer pour preuve que les fumeurs sont tout aussi nombreux dans les pays du Commonwealth qui privilégient le tabac Virginia, quasiment sans additif." La manière dont les différents composants, dont les additifs, agissent sur le développement des maladies liées au tabagisme est si mal connue qu'il est impossible de prédire avec exactitude l'impact que pourrait avoir la réduction ou l'élimination sélective d'une ou plusieurs substances sur le risque tabagique ", rappellent-ils.
Un raisonnement fallacieux selon Clives Bates, de l'ONG londonienne Action on Smoking and Health (ASH) et Greg Connolly, du programme de contrôle du tabac du Massachusetts, auteurs d'une somme sur l'ingénierie de la cigarette et la dépendance à la nicotine." Bien qu'il ne soit pas possible de fabriquer des cigarettes qui ne présentent pas de danger, il est parfaitement raisonnable de chercher à empêcher les fabricants de mettre en œuvre des stratégies qui conduisent à augmenter les dégâts causés par le tabac." Une proposition, actuellement à l'étude au niveau européen, serait d'obliger les industriels à faire figurer sur les paquets, obligatoirement neutres et standardisés, la liste de la majorité – sinon de la totalité – des ingrédients.Effet repoussoir garanti !(1) PLoS Med 8(12): e1001145.doi :10.1371/journal.pmed.1001145 « The Toxic Effects of Cigarette Additives.Philip Morris’ Project Mix Reconsidered : An Analysis of Documents Released through Litigation » et Legacy Tobacco Documents Library.